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C'EST ENCORE LOIN PARIS ?

  DESTIN DE FEMME OU DESTIN D’UNE MIGRANTE DANS «  C’EST ENCORE LOIN PARIS ?  » DE ARRON JACOB EKISSI, LORS DE LA DÉDICACE OFFICIELLE  Chers amoureux du livre, il me revient la lourde tâche de présenter le mets que nous avons au menu du jour : «  C’est encore loin Paris ?  » de Arron Jacob Ekissi. Présenter un livre, faire la critique d’un livre, est une énorme responsabilité. C’est aller creuser dans l’inconscient du texte pour mettre en relief pas que ce que l’auteur a dit, mais surtout comment il l’a dit, comment il aurait pu le dire, ce qu’il n’a pas dit, clairement, ce qu’il a suggéré, ce qui fait l’originalité de son écriture, ses manquements…en un mot, la littérarité de son texte au sens jakobsonnien du terme. Faire la critique c’est donc descendre dans les profondeurs abyssales du texte pour faire ressortir la poétique de l’auteur. Cela relève donc d’une véritable gageure.           ...

LE THÉÂTRE-SLAM, UN CONCEPT DE BLÉDÉ LOGBO

  ÉPHÉMÉRIDE , QUAND BLÉDÉ LOGBO FAIT LA GREFFE DU THÉÂTRE ET DU SLAM (Le théâtre-slam : un concept…) Avec Éphéméride , BLÉDÉ Logbo met sur la scène de la création artistique , nouveau concept qu’est le théâtre-slam. Ce couple de mots allie deux arts bien connus que sont le théâtre et le slam. Le théâtre-slam est «  un théâtre en manière de slam ou un slam en manière de théâtre  » (LIAZÉRÉ, Préface) ; le dramaturge ajoute ainsi un autre corps à son art et devient dramaturge-slameur. Alors, comment se fait cette rencontre ? N’est-elle pas une contre naturelle, évidente ? Le théâtre est un genre littéraire assez particulier qui concilie à la fois littérature et spectacle (un livre du prof-auteur Blédé est fort éloquent à ce propos), même si d’autres conceptions n’accordent pas au texte le statut de modèle indépassable. Art du spectacle, parce qu’à l’origine, le théâtre signifie « regarder/montrer ». Le théâtre est donc donné à voir… Quant au slam, il se définit gé...

APPRENTI, JE DESCENDS AU CARREFOUR SAMAKÉ

POINT DE LECTURE DE "CARREFOUR-SAMAKÉ" Carrefour Samaké , un livre poème ; la part de poussière (part de soi, de nous) que l’abobolais a emporté avec lui, au Canada. C’est la part de poussière dont il s’est nourri durant son séjour universitaire pour mettre au monde ce poème séduisant. Et même si « Poussière est morte en mer », la froidure, les vagues n’ont pas emporté la mémoire du poète (mémoire qui le définit lui-même). Alors il scrute dans les coins de sa mémoire pour se dire, pour nous dire. En se disant, il nous dit ; car Carrefour Samaké est ‘’ un grand miroir que le poète promène le long de notre chemin’’ collectif. En réalité, chaque pas qu’on pose, est une histoire qu’on écrit ; et à un carrefour, ce sont des pas, donc des histoires qui s’écrivent, qui se rencontrent.  Comment lire ce livre poème, abondant en images dont la beauté et la force s’imposent à tout lecteur, qu’il le veuille ou pas ?  Cigarette dans main du cadavre-là c’est ...

LA GRISAILLE DANS "Corps et Âme"

POINT DE LECTURE DE "CORPS ET ÂME"      La nouvelle littéraire est de nature brève ; on la lit en une séance comme on boirait un verre d’eau. Sa nature brève se reconnait par la concision interne qui la caractérise. On a peu de personnages, d’événements et de lieux, et l’unicité de l’action. Comme tous les autres créateurs, le nouvelliste exploite différentes ressources de la langue pour toucher la sensibilité du lecteur ; il crée en lui des émotions, des refixions. Cela dit, quand on plonge dans les nouvelles de Oumar Ndao, on n’en sort pas indemne.        Les textes contenus dans ce recueil de nouvelles sont des textes qui dérangent. L’univers de ce livre n’est pas un fleuve tranquille, non. Des nouvelles qui nous ressemblent, qui nous parlent, qui parlent de nous. L’univers textuel de O.N. dessine des vies en lambeaux qui reflètent notre quotidien. Il semble peindre tout en noir comme si la vie n’avait qu’une seule...

Des Dieux Éphémères de Yahn Aka

POINT DE LECTURE DE «   Des Dieux Éphémères , le roman n’zassa » Si le roman s’est imposé comme genre hégémonique dans la sphère littéraire, cela tient en grande partie de sa nature flexible ; capable de prendre en compte tous les autres genres comme substance nutritionnelle. D’ailleurs, Aristote n’en édicte pas de règles dans sa Poétique comme les autres genres. La seule règle connue du roman est qu’il est sans règle, d’où le pouvoir de romaniser les autres comme l’entend Bakhtine. Yahn Aka, auteur ivoirien connu à travers son style n’zassa, traduit bien cette esthétique/nature du roman dans ses productions. De fait, ses romans sont de véritables fourre-tout ; Des Dieux Éphémères , son nouveau-né en est une belle illustration.                 L’ESTHÉTIQUE N’ZASSA DANS L’ŒUVRE C’est Jean-Marie Adiaffi (maître de Y.A) qui a appliqué le terme Agni « nzassa » à une nouvelle écriture ...